RDVM mai 2016

Pérégrinations musicales :

d’ici et d’ailleurs

Les rendez-vous musicaux : mai 2016

 

The rainbow children / Prince.

Cote: 180 PRI.

The rainbow children, sorti en 2001, est un concept-album fascinant d’une période où Prince, libéré du joug des éditeurs phonographiques, désormais indépendant et avec une foi renouvelée, se faisait littéralement plaisir, « hors cadre imposé ». Jazz, funk, gospel, comédie musicale, opérette,  cette œuvre se joue des genres et rayonne d’un bonheur évident de communier avec tout un chacun, sans barrière et simplement. Chaque chanson est d’une efficacité redoutable et souligne le talent effronté du génie de Minneapolis. Autant sa « patte » est unique et indubitablement reconnaissable, autant, via de respectueux clins d’œil,  il en profite aussi pour rendre hommage à ses pères et inspirateurs, Jimi Hendrix, James Brown, Sly Stone, George Clinton ou Martin Luther King. Larry Graham, bassiste de Sly, est d’ailleurs de la partie, même si, comme à son habitude, Prince a joué de quasiment tous les instruments sur l’album. L’artiste savait honorer ses ainés et leur renvoyer l’ascenseur, c’est à souligner. Méconnu, loin des clichés associés à sa carrière des années 80, The rainbow children est un album superbe, à découvrir absolument pour redécouvrir l’exceptionnel artiste qu’il était. Fascinant.

 

Encantaçoes / Renata Rosa.

Cote: 049.2 ROS.

Originaire de Sao Paulo, la solaire chanteuse Renata Rosa nous embarque pour un voyage lumineux avec ce troisième album. Ayant découvert et succombé toute jeune à la beauté du repente, des joutes poétiques chantées typique du nordeste brésilien (style originaire du Portugal et de la Galice), elle perpétue cette tradition en lui insufflant toute sa fraicheur et son enthousiasme, loin des clichés musicaux brésiliens. Voix, guitare et cuivres s’entremêlent et se répondent dans des arrangements acoustiques subtils et délicats. Aérienne, douce et limpide, sa voix s’élève et évoque autant des ailleurs chaleureux que les traditions musicales familières du vieux continent, occitanie incluse, comme une cousine éloignée qu’on aurait le sentiment d’avoir toujours connue. Surprenant.

 

Music in exile  / Songhoy Blues.

Cote: 017.2 SON.

Ce groupe malien est né de la rencontre de quatre jeunes musiciens, exilés en leur propre pays suite à l’occupation de leur régions natales, au nord du Mali, par les djihadistes. Le titre de ce premier album fait référence à ce fait. Mais bien que déracinés, c’est véritablement  la musique et la vie qu’ils célèbrent ici, le voile de la nostalgie, présent, n’effaçant pas le sourire et l’espoir de ces gaillards. Imprégnés des influences d’Ali Farka Touré et de la musiqueTouareg de leur région d’origine, ces garçons jouent, très bien, forts de leur héritage culturel et des influences extérieures des bluesmen et artistes d’outre atlantique, pour réjouir les âmes et les cœurs, en communion et sans discrimination. Un plaisir partagé.

 

Black star / David Bowie.

Cote: 2 BOW.

Artiste complet, maître de sa propre carrière jusqu’au crépuscule de sa vie, David Bowie nous livre avec Black Star son dernier album, et quel album ! Magistral, fascinant, clairvoyant et dérangeant, cette œuvre n’est pas des plus accessibles mais se révèle, se découvre et s’apprécie toujours plus à chaque nouvelle écoute, jusqu’à l’addiction. Autant sombre que lumineux, Black star est le testament d’un homme condamné qui, toujours à l’avant-garde, célèbre la vie en se faisant plaisir. Il convie le groupe new-yorkais post-jazz du saxophoniste - son premier instrument – Donny McCaslin, et évoque avec eux bien des éléments de sa carrière, en filigrane, explorant plus avant certains territoires abordés notamment sur Outside (1995) ou Earthling (1997). Que la rencontre et la musique en résultant est bonne, tellurique, grondante, menaçante mais aussi fragile et sensible, sublimée de surcroit par la production du fidèle collaborateur Tony Visconti. La voix du maître, sereine, magnifique et épargnée, nous transporte des abymes au firmament, empreinte d’une beauté sans âge, et nous réjouit en ce voyage, pour peu qu’on l’accepte. Repose en paix.

 

Anakronic / Krakauer / Anakronic & David Krakauer.

Cote: 1 KRA 71.

Depuis plus de vingt ans, le clarinettiste David Krakauer est le fer de lance du renouveau du Klezmer, la musique traditionnelle festive juive. Ce virtuose new-yorkais, insatiable innovateur ainsi que gardien et encyclopédie vivante de la tradition musicale de son peuple, fait avancer son art en le mêlant tour à tour au jazz (avec les Klezmatics), au rock (avec son groupe Klezmer Madness) mais aussi au funk (dans Abraham Inc. avec Fred Wesley, tromboniste historique de James Brown) ; et présentement à l’électro. A soixante ans, aventureux et enthousiaste, il s’associe avec le groupe toulousain Anakronic, rencontré lors de ses fréquentes tournées. Anciennement Anakronic Electro Orchestra, il s’agit d’un ovni musical français au talent rare et au groove contagieux, qui mêle instruments électroniques - claviers analogiques, samplers… - aux traditionnels - basse, batterie, mais aussi accordéon ou clarinette ! La puissance de feu et l’incroyable énergie des deux entités étaient faites pour s’accorder, et loin de tout collage bancal, l’osmose est parfaite et immédiatement fédératrice,  la clarinette de Krakauer venant se lover dans les beats dévastateurs d’Anakronic, se transformant même parfois en locomotive rythmique de l’ensemble. Personne ne tire la couverture à soi dans cette rencontre qui illustre idéalement le terme « association », le bonheur de chacun est évident et le nôtre complet. A ne pas rater, à fortiori sur scène !

  

Denis D.

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